Menstruations

Des corps, des histoires, un cycle, mille réalités

Les menstruations font partie de la vie de nombreuses personnes.

Pourtant, elles restent encore trop souvent cachées, tues, vécues dans la discrétion. Un sujet dont on parle à demi-mot, que l’on dissimule, que l’on associe parfois à la honte ou à l’inconfort.

Avec ce nouveau projet photographique, j’ai envie de regarder les menstruations autrement.

Pas comme un sujet médical.

Pas comme quelque chose à cacher.

Mais comme une réalité intime, corporelle et profondément humaine.

Photographier ce que l’on ne montre pas

Mon travail photographique s’intéresse depuis longtemps au rapport que nous entretenons avec notre corps.

À ce que nous aimons chez nous.
À ce que nous avons appris à cacher.
Aux traces que la vie laisse sur nos corps.
À cette difficulté parfois de regarder son propre reflet avec bienveillance.

Les menstruations viennent naturellement s’inscrire dans cette réflexion.

Parce qu’elles font partie du corps, mais aussi de l’intime.

Elles peuvent être vécues de mille façons : avec indifférence, douleur, fatigue, liberté, gêne, acceptation, colère, soulagement… Chaque personne entretient une relation différente avec son cycle et avec ce qu’il représente.

Et c’est précisément cette diversité qui m’intéresse.

Un cycle, mille réalités

À travers ce projet, je souhaite créer une série de photographies autour des menstruations et des personnes qui les vivent.

Je ne cherche pas à représenter une manière de vivre ses règles.

Je veux en montrer plusieurs.

Des corps différents.
Des âges différents.
Des histoires différentes.
Des rapports au corps différents.

Parce qu’il n’existe pas un corps menstrué.

Il existe une multitude de corps, de parcours et d’expériences.

Certaines personnes vivent leurs menstruations comme quelque chose de naturel et banal. D’autres ont une relation beaucoup plus complexe avec leur corps ou leur cycle.

Certaines ont appris à les cacher.
D’autres ont décidé de ne plus en avoir honte.

Toutes ces histoires ont leur place dans ce projet.

Et après les menstruations ?

La ménopause fait elle aussi partie de cette histoire.

Elle n’est pas une rupture avec le corps, ni une disparition de cette histoire : elle est une étape du cycle de la vie.

C’est pourquoi les personnes ménopausées ont pleinement leur place dans ce projet.

Parce que parler des menstruations, c’est aussi parler de ce qui les précède, de ce qui les accompagne et de ce qui vient après.

Du premier cycle aux derniers.
Des changements du corps aux changements du regard que l’on porte sur soi.

La ménopause peut être vécue de mille manières : comme un soulagement, un bouleversement, une période de transition, une redécouverte de soi ou simplement comme une nouvelle étape de la vie.

Je souhaite également donner une place à ces histoires.

Aux corps qui ont menstrué.
Aux corps qui menstruent encore.
Aux corps qui ont changé.

Parce qu’aucun de ces corps ne devrait être invisible.

Des photographies intimes, mais jamais sexualisées

Comme dans l’ensemble de mon travail, je souhaite aborder le corps avec simplicité et bienveillance.

Il ne s’agit pas de créer des images sexualisées.

Il ne s’agit pas non plus de fabriquer une représentation parfaite ou esthétique des menstruations.

Je veux photographier ce qui est là.

Une peau.
Un ventre.
Une posture.
Une main posée sur soi.
Une serviette, une culotte menstruelle, un tissu, un objet du quotidien.
Une trace.
Un moment de repos.
Un regard.

Parfois, ce seront des détails.

Parfois, le corps sera davantage présent.

Et parfois, l’environnement lui-même racontera une partie de l’histoire.

Parce que je considère que votre quotidien fait aussi partie de vous.

Votre histoire avant mon regard

Lorsque je photographie l’intime, je ne cherche pas à imposer une image du corps.

Je préfère partir de la personne.

De son histoire.
De son rapport à son corps.
De ce qu’elle souhaite montrer… ou ne pas montrer.

Je souhaite donc que chaque séance soit une rencontre.

Un espace dans lequel il est possible de prendre son temps, de discuter, de poser des limites et surtout de ne rien avoir à prouver.

Il n’est pas nécessaire de savoir poser.

Il n’est pas nécessaire d’être à l’aise devant un objectif.

Il n’est pas nécessaire d’avoir « le bon corps ».

Il suffit simplement d’avoir envie de participer à l’histoire que nous allons raconter ensemble.

Pourquoi ce projet ?

Parce que je crois que photographier ce qui est habituellement caché peut permettre de changer notre regard.

Parce que les menstruations ne devraient pas être synonymes de honte.

Parce que nos corps n’ont pas besoin d’être parfaits pour être photographiés.

Parce que derrière chaque cycle, il y a une personne.

Et parce que je veux continuer à créer des images qui parlent de nous sans nous enfermer dans des normes.

Ce projet est aussi une manière de poursuivre mon travail autour de la représentation des corps et de leur diversité.

Une photographie peut parfois être bien plus qu’une image.

Elle peut devenir une trace.

Un souvenir.

Une manière de se regarder autrement.

Appel à projet

Je recherche aujourd’hui des personnes souhaitant participer à ce projet photographique autour des menstruations.

Je souhaite rencontrer des profils, des corps et des histoires différents afin de construire une série qui reflète cette diversité.

Les personnes menstruées comme les personnes ménopausées sont les bienvenues dans ce projet.

La participation se fera dans un cadre bienveillant, respectueux et sans jugement.

Chaque personne pourra définir ce qu’elle souhaite montrer et ce qu’elle souhaite garder pour elle.

Il n’y a aucune obligation de nudité.

Le projet ne repose pas sur une représentation unique du corps ou des menstruations : chaque histoire pourra trouver sa propre forme photographique.

Si vous avez envie de participer, de raconter votre rapport aux menstruations, votre expérience de la ménopause ou simplement de contribuer à faire évoluer le regard que nous portons sur ces sujets, écrivez-moi.

Nous pourrons échanger tranquillement sur votre histoire, vos envies et vos limites avant d’imaginer ensemble les photographies.

Des corps. Des histoires. Un cycle, mille réalités.

Et si, cette fois, nous arrêtions simplement de cacher ce qui fait partie de nous ?

Regarder autrement

On nous apprend très tôt à regarder nos corps comme s’ils étaient des objets à corriger.

Trop ceci.
Pas assez cela.
Une cicatrice à cacher.
Une courbe à gommer.
Une peau à lisser.
Un âge à oublier.

Et puis il y a le regard des autres.

Celui qui juge.
Celui qui compare.
Celui qui sexualise.
Celui qui décide de ce qui serait beau, désirable, acceptable.

Moi, j’ai envie de regarder autrement.

Photographier un corps ne devrais pas être une tentative de le rendre conforme

Je préfère photographier ce qui existe déjà.

Une peau raconte.
Une cicatrice témoigne.
une courbe qui dessine une ligne.
Un mouvement qui échappe à la pose.
Une main qui hésite.
Une souffle.

Parce qu’un corps n’est jamais simplement un corps.

Il porte nos histoires, nos joies,, nos blessures, nos transformations.

Il a changé avec le temps.
Il a aimé.
Il a douté.
Il a vécu.

Regarder autrement, c’est peut être simplement arrêter de vouloir corriger.

Parce qu’un corps n’a pas besoin d’être parfait pour être regardé.

Il a seulement besoin d’être regardé avec humanité.

C’est aussi ce que j’essaie de faire à travers mes images.

Ne pas fabriquer un corps.
Ne pas le transformer.
Ne pas le rendre conforme.

Je ne cherche pas à vous apprendre à poser.

Je cherche à vous laisser respirer dans l’image.

À laisser un geste devenir une intention.
Une ombre devenir une présence.
Une imperfection devenir une trace de votre histoire.

Et peut être que c’est là que commence la véritable intimité.

Pas dans ce que l’on montre.
Mais dans ce que l’on accepte enfin de regarder.