On nous apprend très tôt à regarder nos corps comme s’ils étaient des objets à corriger.
Trop ceci.
Pas assez cela.
Une cicatrice à cacher.
Une courbe à gommer.
Une peau à lisser.
Un âge à oublier.
Et puis il y a le regard des autres.
Celui qui juge.
Celui qui compare.
Celui qui sexualise.
Celui qui décide de ce qui serait beau, désirable, acceptable.
Moi, j’ai envie de regarder autrement.
Photographier un corps ne devrais pas être une tentative de le rendre conforme
Je préfère photographier ce qui existe déjà.
Une peau raconte.
Une cicatrice témoigne.
une courbe qui dessine une ligne.
Un mouvement qui échappe à la pose.
Une main qui hésite.
Une souffle.
Parce qu’un corps n’est jamais simplement un corps.
Il porte nos histoires, nos joies,, nos blessures, nos transformations.
Il a changé avec le temps.
Il a aimé.
Il a douté.
Il a vécu.
Regarder autrement, c’est peut être simplement arrêter de vouloir corriger.
Parce qu’un corps n’a pas besoin d’être parfait pour être regardé.
Il a seulement besoin d’être regardé avec humanité.
C’est aussi ce que j’essaie de faire à travers mes images.
Ne pas fabriquer un corps.
Ne pas le transformer.
Ne pas le rendre conforme.
Je ne cherche pas à vous apprendre à poser.
Je cherche à vous laisser respirer dans l’image.
À laisser un geste devenir une intention.
Une ombre devenir une présence.
Une imperfection devenir une trace de votre histoire.
Et peut être que c’est là que commence la véritable intimité.
Pas dans ce que l’on montre.
Mais dans ce que l’on accepte enfin de regarder.
